En associant les parents, notamment pour distraire les enfants pendant les soins, les soignants, même s’ils ne sont pas formés en pédiatrie, peuvent s’assurer que le passage à l’hôpital ne reste pas un mauvais souvenir pour leurs plus jeunes patients.

Examens en ambulatoire, passages aux urgences ou encore interventions programmées : les motifs de prise en charge d’enfants dans des services hospitaliers non spécialisés en pédiatrie sont multiples. Lorsqu’ils ne sont pas formés, les professionnels peuvent se sentir un peu démunis devant ces petits patients, pris entre la nécessité de réaliser les soins et l’envie que ce moment se passe sans pleurs ni craintes. « Pour les enfants, ces premières expériences à l’hôpital seront déterminantes pour la poursuite de leur parcours médical, et ce parfois jusqu’à l’âge adulte », remarque Myriam Blidi, chargée des projets au sein de Sparadrap. Cette association, qui a pour but de faciliter les soins aux enfants, dispense des formations pour les soignants et met au point des ressources à destination des professionnels et des particuliers.

Expliquer ce qu’on va faire

Avant de réaliser les soins, il est primordial de prendre un moment pour expliquer aux enfants ce qui va se passer pour eux, avec des mots simples, sans mentir ni dramatiser. On peut aussi les impliquer en leur laissant des choix à faire, afin qu’ils aient l’impression de maîtriser une partie du processus : couleur du pansement, côté pour la prise de sang, place des parents dans la pièce…

« Un enfant n’arrive pas seul à l’hôpital, il est habituellement accompagné par ses parents et il a besoin de leur présence à ses côtés. C’est une relation de soin en triade qui s’instaure », précise Myriam Blidi. Les soignants peuvent parfois être réticents à accepter les parents en salle de soin, pourtant, ils peuvent se révéler des alliés d’autant plus précieux qu’ils connaissent leur enfant, contrairement aux professionnels…  « Il ne s’agit pas bien sûr d’en faire des auxiliaires de soin, car ce n’est pas leur rôle, mais on peut leur proposer de participer à la distraction des enfants », suggère-t-elle.

Comptines et bulles de savon

Meilleures alliées des soignants — et des enfants —, les techniques de distraction peuvent à la fois faciliter la prise en charge, diminuer le stress, voire la douleur, et éviter le recours à des solutions de contention. « Il s’agit de focaliser l’attention des enfants sur autre chose que les soins. En faisant participer les parents, on limite aussi leur propre anxiété, qu’ils pourraient communiquer aux enfants comme aux professionnels, et qui peut parfois se traduire par de l’agressivité », déroule Myriam Blidi. Nul besoin de technique complexe ou de matériel sophistiqué. « On peut commencer par demander à l’adulte de se placer face à l’enfant, de façon à ce que ce dernier soit rassuré et que le parent ne voie pas directement le soin », poursuit-elle.

Ensuite, on pourra proposer aux parents de chanter une chanson, de faire un petit jeu de doigts ou de raconter une histoire. « Il suffit d’avoir à disposition quelques livres rigolos et de connaître une ou deux comptines classiques pour les suggérer si les parents sont en mal d’idée », ajoute Myriam Blidi.

En conclusion, elle glisse une astuce : « Glisser dans son tiroir un tube pour bulles de savon : succès garanti ! »

 

Lisette Gries

Plus d’infos : www.sparadrap.org

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