Trois nouveaux robots chirurgicaux de haute précision sont venus renforcer les équipes de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille en janvier 2021. Ils permettent de réaliser des opérations délicates avec plus de sécurité et moins de traumatismes pour les patients.

Le patient est endormi. Des bras mécaniques peuvent s’affairer dans son abdomen. Le chirurgien qui opère n’est pas penché sur lui et ne demande aucun scalpel à son équipe. Ses mains sont posées sur des manettes et ses pieds sur des pédales. À quelques mètres, la tête dans un casque, il est en immersion dans le ventre du patient grâce à la réalité 3D. Son assistant s’appelle Da Vinci. Son équipe, penchée sur l’opéré, équipe le robot des différents instruments nécessaires lors de l’intervention.

« Les opérations sont plus sécurisées et moins traumatisantes, explique Martine Becker, cadre supérieure de santé bloc central et chirurgie ambulatoire aux Hôpitaux universitaires de Marseille. Les séquelles et les douleurs sont réduites pour le patient, et sur le plan esthétique, les cicatrices sont aussi moins visibles. » Le robot, plus précis, atteint les zones d’intervention avec des incisions plus petites et beaucoup moins d’impacts pour le corps.
En ORL, Da Vinci permet des opérations moins invasives, sans ouverture au niveau de la gorge ni trachéotomie, ce qui assure une récupération plus rapide et moins douloureuse. En pédiatrie également, l’utilisation du robot au bloc offre un champ élargi aux chirurgiens qui, installés aux commandes, ne sont pas équipés de la combinaison intégrale stérile et peuvent zoomer sur la zone opératoire.

Soignants et services support mobilisés
La chirurgie assistée par robotique a débuté aux Hôpitaux universitaires de Marseille dès 2013 avec l’installation d’un premier système Da Vinci à l’hôpital nord sous l’impulsion du Pr Dominique Rossi, actuellement président de la commission médicale d’établissement. Cinq ans plus tard, le projet, coordonné par le Pr Gilles Karsenty, chirurgien urologue à la conception, et le Pr Frédéric Collart, chef de service de chirurgie cardiothoracique à l’hôpital de la Timone, se déploie sur ces deux sites.
L’équipement est devenu réalité grâce à un financement du Conseil départemental à hauteur de 80 % (4 millions d’euros) mais aussi grâce à l’investissement des soignants et des services support (informatique, biomédical) qui se sont fortement mobilisés. Sur le modèle d’une auto-école en double commande, les équipes en place et les internes sont formés grâce aux programmes de simulation intégrés et en conditions réelles. Da Vinci a participé à plus de 100 opérations de décembre 2020 à juin 2021.

Neijma Lechevallier

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