À Paris, les enfants aux pathologies souvent très lourdes sont accueillis au service de réanimation de l’hôpital pédiatrique Necker. Un service où le lien et la confiance avec les parents sont essentiels.

 

Cet automne a été moins rude à l’hôpital Necker. Le service de réanimation pédiatrique est plutôt habitué en cette période à recevoir des enfants en détresse respiratoire pour une bronchiolite. Masques et gestes barrières ont évité aux virus automnaux de se transmettre entre enfants.

Soigner les enfants et accompagner les parents
Durant cette période, le service a continué à recevoir des enfants venant d’autres services de l’hôpital pour une pathologie qui se dégrade et qui nécessite une réanimation. Pour une assistance respiratoire, circulatoire, une greffe ou bien une dialyse.
Des enfants souvent reliés à d’importants mais nécessaires appareillages : des sondes, des dialyseurs et parfois, pour des syndromes de détresse respiratoire ou cardiaque, une machine contrôlant la circulation extracorporelle, appelée membrane d’oxygénation extracorporelle ou ECMO. Ce qui impressionne souvent les parents. « Il y a toujours une peur immense des parents lorsqu’on leur dit que leur enfant va être intubé, confie Elodie Miranda, cadre de santé du service. Mais on essaie de maintenir le lien entre les parents et les enfants en les faisant participer à certains gestes, un massage, un changement de couches. » Un lien nécessaire, confirme Marine Courtial, infirmière depuis 2 ans dans le service : « on ne s’occupe pas d’un enfant sans s’occuper de ses parents, c’est une relation à trois. Parfois, avec certains parents, dont l’enfant est resté longtemps dans l’unité, des liens se créent et on garde même contact après la sortie de l’enfant. »

Des hospitalisations longue durée
Certains jeunes patients sont présents dans le service depuis des mois. La plupart ont des pathologies génétiques avec de lourdes malformations. Ils sont placés dans une unité de surveillance continue pouvant en accueillir 12 aux côtés de 3 infirmières. Quant au service réanimation, on y compte une vingtaine de lits. « Nos soignants ont certes moins de patients que dans d’autres services, souligne Elodie Miranda. Mais ces patients demandent une surveillance plus accrue. » Environ 70 infirmières et infirmières puéricultrices et une quarantaine d’aides-soignantes et d’auxiliaires de puériculture sont là pour assurer cette surveillance.
Sans doute plus que dans d’autres services, la question de la capacité des lits en pédiatrie reste un souci. L’année dernière, au début de l’hiver, des enfants ont dû être transférés hors d’Ile-de-France, faute de places. Un nombre de places qui ne tient pas compte de la saisonnalité des maladies. Les enfants sont en effet plus malades en hiver que l’été. Cet automne, le service y a échappé… paradoxalement grâce à la Covid.

Olivier Donnars

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