En France, près de 125 000 femmes adultes auraient subi des mutilations sexuelles, pratiquées dans la petite enfance. Ces femmes découvrent souvent leurs mutilations à l’occasion du suivi d’une première grossesse. À Marseille, une équipe spécialisée les accueille et les prend en charge au cœur de la maternité de l’hôpital de La Conception.

Près de 125 000 femmes vivant en France ont subi une ablation totale ou partielle du clitoris et parfois des petites lèvres, le plus souvent quand elles étaient enfants, parfois si jeunes qu’elles ne s’en rappellent pas. À la maternité de La Conception (AP-HM), depuis dix ans, une équipe médico-chirurgicale s'est organisée pour prendre en charge de manière multidisciplinaire les femmes victimes de telles mutilations.
« En général, on le découvre lors des examens pratiqués lors d'une grossesse ou pour un suivi gynécologique », explique Françoise Courtoisier, sage-femme coordinatrice de cette permanence d'accueil, de soutien et d'information qui travaille en étroite collaboration avec l'Union des femmes du monde GAMS Sud, présidée par la comédienne Naky Sy Savané.
Chaque année, plus de 300 femmes ayant subi des mutilations génitales sont ainsi suivies au sein du service du Pr Agostini, avec le Dr Cohen-Solal. « Les patientes nous sont adressées par des médecins, des sages-femmes, des associations (GAMS - Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles, Amicale du Nid…) ou des institutions (OFPRA – Office français de protection des réfugiés et apatrides, CADA - Commission d'accès aux documents administratifs, …) pour des certificats d’excision ou de non-excision, des demandes de reconstruction ou de l’information, explique Françoise Courtoisier. Nous évaluons ces patientes, les informons, les protégeons et les prenons en charge sur le plan médical et psychologique lors de consultations dédiées. » Les séquelles de ces mutilations, pour celles qui n’en meurent pas (90 %), sont importantes : problèmes urinaires à vie, déchirures, stérilité ou encore complications lors des accouchements.

Les séquelles de ces mutilations génitales sont importantes

Ces actes, reconnus comme une torture et une violation des droits humains par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), sont en France un crime passible de 10 ans de prison, 20 ans si la victime est mineure. « Les femmes reçues expriment souvent pour la première fois leur souffrance. L’écoute, en plus de la prise en charge médicale, est très importante », souligne Françoise Courtoisier. Les motivations principales de demandes de réparation émanant de ses patientes sont une demande identitaire pour retrouver « l’intégrité de leur corps » ou fonctionnelle pour une meilleure activité sexuelle. Les patientes rencontrent ensuite un psychologue-sexologue, ce qui parfois suffit. 
Une évaluation chirurgicale est réalisée, qui peut conduire à une reconstruction. Les familles sont sensibilisées pour éviter de nouvelles victimes chez les petites filles.

Neijma Lechevallier

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