L’intégration des médiateurs en santé dans les parcours de soins permet d’atteindre les patients les plus vulnérables et les plus éloignés du système, grâce à une approche holistique, qui prend en compte les particularités sociologiques et culturelles de chacun.
Décryptage de Philippe Denormandie, chirurgien et conseiller santé du groupe nehs.

« Au quotidien, tous les soignants sont guidés par un seul et même défi : rendre la santé accessible à tous. Mais cer­taines personnes, particulièrement vulné­rables, restent éloignées du système de soins et renoncent à y faire appel, jusqu’au jour où l’urgence les mène à l’hôpital », explique Philippe Denormandie.

À l’origine, les personnes concernées ont pour point commun une immense fragilité. Il peut s’agir d’étrangers qui ne peuvent pas échan­ger avec les équipes soignantes parce qu’ils ne parlent pas français, de femmes migrantes qui ont subi des violences sexuelles durant leur trajet jusqu’en France et qui ont contracté le VIH, de personnes précarisées ou vivant avec un handicap, etc. « Quelqu’un doit les aider à reprendre confiance et les orienter dans le système de santé : c’est le rôle du médiateur en santé », ajoute Philippe Denormandie.

« Aller vers » et « faire avec »
Selon la Haute autorité de santé, la « média­tion en santé* » est un processus temporaire qui s’appuie sur « l’aller vers » et le « faire avec ». Concrètement, il s’agit de renforcer l’équité en santé en favorisant la transition vers les structures sanitaires et/ou sociales existantes, en accompagnant la prévention et le recours aux soins, et en développant l’au­tonomie et la capacité d’agir des personnes dans la prise en charge de leur santé.
Le médiateur en santé, parce qu’il connaît la situation de la personne éloignée du sys­tème de santé, pour l’avoir parfois vécue lui aussi, assure l’interface de proximité et facilite l’accès aux droits, à la prévention et aux soins auprès des publics les plus vulnérables. Il n’agit pas à la place de la personne soignée, mais il la guide dans son parcours et favo­rise son autonomie, en prenant en compte ses spécificités. « Cette approche holistique est essentielle pour nous, professionnels de santé dont je fais partie, puisque nous devons apprendre à coconstruire la solution théra­peutique avec nos patients, afin d’en garantir l’observance et l’efficacité », poursuit Philippe Denormandie.

La Fondation nehs Dominique Bénéteau soutient des projets de médiation en santé
« Par exemple, nous accompagnons la Fondation ARHM (Action recherche handicap et santé mentale), basée à Lyon, qui s’appuie sur l’engagement de jeunes en service civique pour intervenir auprès d’autres jeunes en situation de fragilité, dans une démarche de prévention de santé mentale et de renforcement de l’accès aux soins. Nous épaulons aussi l’association Ikambere qui anime des permanences hospita­lières auprès de malades en situation de préca­rité, et crée du lien entre eux et les professionnels de santé́ », conclut Philippe Denormandie. Une approche qui s’inscrit en pleine cohérence avec la grande cause MNH qui vise à faciliter l’accès aux soins des personnes en situation de han­dicap ou de précarité.

Nadège Audegond

* Cf. définition proposée dans le rapport de la HAS intitulé La médiation en santé pour les personnes éloignées des systèmes de prévention et de soins, publié en octobre 2017.

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