Marion Leboyer est psychiatre à l’université Paris-Est Créteil. Elle dirige le département universitaire de psychiatrie et addictologie (DMU Impact) des Hôpitaux universitaires Henri-Mondor (AP-HP) et a créé la Fondation FondaMental en 2007. Ses travaux novateurs ont reçu une moisson de prix scientifiques. Rencontre.

Vous avez reçu des prix nationaux et internationaux pour vos travaux dans le domaine des maladies psychiatriques. Pouvez-vous nous en dire un mot ? 
Marion Leboyer : Mon équipe est à l’origine de la découverte de plusieurs gènes impliqués dans différents troubles mentaux, d’avancées dans le domaine de l’imagerie cérébrale ou dans l’immuno-psychiatrie. Nous avons aussi réalisé des études d’impact sur le coût de la santé mentale en France. J’ai reçu le Grand prix Inserm 2021, qui récompense le caractère novateur des travaux que j’ai menés avec mon laboratoire de recherche depuis 2007 dans les domaines de la schizophrénie, la dépression, les troubles bipolaires et l'autisme. Nos découvertes ont pour objectif d’améliorer le traitement des patients. Cette année, notre projet ProPSY a été sélectionné par un jury international dans le cadre des appels à projets du programme d’investissements d’avenir (PIA4) pour les programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR). 

Pouvez-vous expliquer le projet ProPSY pour lequel vous avez été sélectionnés par le jury international ?
M. L. :
ProPSY est une initiative nationale dont l’objectif est de donner les moyens à la psychiatrie française de se coordonner pour développer les outils diagnostiques et thérapeutiques pour construire la médecine de précision en psychiatrie. Pour cela nous avons deux grands objectifs. Nous allons d’une part mettre en place et suivre une cohorte de patients atteints de maladies mentales examinés dans le réseau des 54 centres experts coordonnés par la fondation FondaMental et des centres de recherche hospitalo-universitaire (RHU) PsyCare. Nous allons également lancer des appels d’offres destinés à faire des études précliniques, des essais thérapeutiques dans des sous-groupes homogènes de patients, construire des partenariats publics-privés et, bien sûr, faire de l’enseignement et déployer l’information auprès du grand public.

Quels sont les défis et perspectives dans le domaine de la psychiatrie ?
M. L. :
Jusqu’à aujourd’hui, seulement 2 à 4 % du budget de la recherche française sont dédiés à la psychiatrie, alors que les coûts de prise en charge de ces maladies représentent 23 milliards d’euros par an. Douze mois après leur passage par notre plateforme, l’état de santé de nos patients s’améliore et les nombre de journées d’hospitalisation diminue de 50 %. Les risques cardiovasculaires sont la première cause de décès des patients psy en France, mais moins de 30 % sont suivis pour leurs comorbidités. Nous devons mieux articuler les prises en charge psychiques et physiques, réduire les inégalités d’accès aux soins, informer soignants, chercheurs, grand public et décideurs, renforcer les liens entre milieu académique et startup, explorer les biomarqueurs, les outils numériques et digitaux, ou encore identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

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Marion Leboyer

 

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