Pour faire face à l’utilisation massive des masques à usage unique, trois hôpitaux de l’AP-HP participent à une filière de recyclage. Ils offrent ainsi une seconde vie à ces masques appelés à devenir des tapis de sol pour automobile.

Depuis février 2021, des petites poubelles en carton ont été installées dans les couloirs des hôpitaux parisiens de Saint-Antoine, Necker- Enfants malades et Rothschild. Soignants, patients et visiteurs y jettent leurs masques usagés qui partiront dans une filière de recyclage qu’expé­rimentent les trois hôpitaux durant six mois. Ne sont récoltés que les masques chirurgicaux des unités non-Covid. Les masques FFP2, plutôt uti­lisés dans les services Covid, ne font pas partie de l’expérimentation.

À l’AP-HP, tous les jours, près de 110 000 masques chirurgicaux finissent à la poubelle avant d’être incinérés. Alors que ces déchets, composés à 90 % de polypropylène, pourraient avoir une seconde vie. Une telle filière de recyclage manquait jusqu’à présent, mais à la fin de l’année 2020, l’AP-HP s’est adressée à la société Tri-O Greenwishes, dans les Hauts-de-Seine, qui venait de remporter un appel à manifesta­tion d’intérêt, lancé par l’Île-de- France sur une filière de tri des masques.

Un masque met entre 400 et 450 ans pour se dégrader.

Toutes les deux semaines, les camions de l’entreprise collectent les poubelles en cartons et les emmènent au centre de tri, au port de Gennevilliers. « Les déchets sont mis en quaran­taine pendant dix jours dans un conteneur à l’exté­rieur pour une “hygiénisation naturelle”, indique son dirigeant, Matthieu de Chanaleilles. Ils sont triés à la main pour enlever les mouchoirs, les gobe­lets, les gants, dans une zone spéciale en plexi­glas qui a été hygiéni­sée à la lampe UV. » Les masques sont ensuite acheminés dans les Hauts-de- France, chez un spé­cialiste du traitement des déchets médicaux, pour être broyés, hygiénisés à haute température. Puis les trois matières qui les composent : le polypropylène, le métal des réglettes et l'élasthanne, sont séparées par tri optique. « Une fois 100 % du polypropylène isolé, il sera transformé par un troisième acteur en microbilles pour en faire, par exemple, des pots de fleur ou des pièces détachées pour l’automobile comme des tapis de sol », poursuit Matthieu de Chanaleilles.

Les volumes traités par l’entreprise sont modestes : une tonne de masques jusqu’ici. L’entreprise compte monter en puissance et espère recycler 20 tonnes d’ici à la fin de l’an­née. Ce qui resterait une goutte d’eau sur le total : près de 150 00 tonnes sont jetées chaque année en France.

Olivier Donnars

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