A Marseille, de la maternelle à la terminale, 13 enseignants donnent des cours aux enfants hospitalisés. Ils y mettent toutes leurs compétences... et tout leur coeur.

A l'hôpital pour enfants de la Timone à Marseille, l'inscription salle de classe semble insolite dans cet endroit.
La pièce est petite mais bien équipée : tableau, feutres, cahiers, ordinateurs, livres...
Chaque année une centaine d'élèves raccrochent les wagons d'une scolarité perturbée par la maladie.

«Nous rencontrons tous les enfants hospitalisés plus de 3 jours» indique Reine Feugère Segond, directrice du centre scolaire.

L'ÉCOLE À L'HÔPITAL, DES LEÇONS TRÈS PARTICULIÈRES

Les parents sont surpris, puis séduits. Peu d'entre eux savent que ce type de structure existe au sein de l'hôpital. Certains n'en voient pas l'utilité : la priorité c'est la santé de leur enfant.

EN PRATIQUE, COMMENT CELA SE PASSE ?

Les cours sont assurés par des enseignants de l'Education nationale. Ils sont au nombre de 13, dont une majorité de professeurs des écoles. Dès que le médecin donne son feu vert, un programme sur mesure est établi. Gisèle Epplin qui partage ses leçons de mathématiques entre la Timone et un lycée proche de Marseille précise : «Il faut tenir compte du niveau des patients, de leur état de fatigue. Les cours collectifs sont rares. Pour les élèves c'est un avantage, même s'ils font moins d'heures, elles sont plus productives.»

Le matin je sais pourquoi je me lève.

Gisèle Epplin reconnait qu'il y a beaucoup d'affect dans ses relations avec les élèves. Que cela demande un investissement personnel plus important. Mais au moins «le matin je sais pourquoi je me lève».

Les parents sont également satisfaits comme en témoigne la maman de Jessica atteinte d'une tumeur cérébrale : «En classe, ma fille était complètement noyée, ici elle se sent en confiance.»

Cette réussite ne doit pas cacher la réalité : «On redoute chaque jour d'apprendre le décès d'un de nos petits protégés. Il faut vivre avec».

Mais une autre vérité donne du baume au coeur : en juin dernier, 20 élèves ont passé le brevet ou le bac au centre scolaire de l'hôpital et ont tous été reçus.

Rencontre avec Axelle Pelgrim de Bigard

«Je suis ici depuis 16 ans. Je crois que je suis la doyenne du centre scolaire !». Après 5 années dans le circuit classique, où elle avoue, elle «s'ennuyait un peu», cette professeure des écoles a présenté un examen qui permet d'enseigner à des enfants malades. A la Timone elle dispense des cours de la maternelle à la 3e.

«Mon objectif est de transformer leur séjour à l'hôpital en réussite. Paradoxalement, ce passage peut être une chance pour les enfants qui trouvent un enseignement adapté dans un cadre profondément humain».

Plus d'infos :

Pour tout savoir sur le CAPSAIS (Certificat d'aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d'adaptation et d'intégration scolaires) remplacé depuis 2014 par le CAPA-SH : www.eduscol.education.fr

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