Au cœur du parc de 200 m2 de l’hôpital psychiatrique Théophile Roussel, à Montesson (Yvelines), soignants et jardinier aident des patients schizophrènes et bipolaires à se reconstruire en jardinant.

"Si je prends soin du jardin, alors le jar­din prend aussi soin de moi," assure Jérôme Rousselle, jardinier-médiateur de l’hô­pital psychiatrique Théophile Roussel.
Deux jours par semaine, cet ancien communiquant, reconverti en jardinier paysagiste, propose à des patients stabilisés, seuls ou en petit groupe, de bêcher, semer, planter, bouturer au jardin des tisanes. Cette activité permet de mobiliser la motricité et la coordination des mouvements, notamment chez des patients neuroleptiques et apragmatiques. « Et puis le jardin est source d’émotions pour le patient, souligne la psy­chiatre Karina Sanchez-Corvest, qui travaille en collaboration étroite avec le jardinier. Voir pousser, récolter les fleurs, pouvoir déguster les légumes, cela suscite du plaisir, de la joie, par­fois de la tristesse. »

L’idée de développer une activité d’hortithé­rapie a germé en 2012. Le directeur des soins de l’époque, Didier Sigler, veut alors faire sortir les patients de leurs chambres. De leur côté, le Dr Sanchez-Corvest, l’éducatrice spé­cialisée Hélène Landrin et l’ergothérapeute Marion Gillet décident de monter un petit espace vert dans le patio de l’unité pour les patients ne pouvant pas sortir. « Les patients se retrouvent désormais tous les jours dans un endroit agréable au milieu des tournesols et des coquelicots, se félicite la psychiatre. L’un d’eux m’a dit combien il se sentait bien et que pour lui, c’était le paradis ! »

Le jardin peut aider à sortir du tout médicament.

Depuis, l’activité s’est développée. Des balades sont aussi organisées dans le parc pour observer, identifier la biodiversité et la floraison des arbres. Ce qui stimule cognition et mémoire. Et tout en prenant soin des plantes, l’hortithérapie permet de travailler la relation à l’autre. « Certains de nos patients ont une schizophrénie ultrarésistante avec des symptômes très lourds malgré les traitements, indique le Dr Sanchez-Corvest. Notre objectif est vraiment de leur permettre de vivre avec d’autres personnes. Et le jardin peut nous y aider en sortant du tout médicament. » La psychiatre se bat depuis des années pour faire reconnaître le bienfait de tout type de médiation en milieu psychiatrique. L’installation d’une ferme thérapeutique et péda­gogique est d’ailleurs en cours d’étude.

Olivier Donnars

 

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