Nicolas Lunel, 21 ans, est le nouveau président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) depuis
le 4 juillet dernier. Étudiant à Toulouse, en césure entre sa 3e et sa 4e année pour se consacrer à son mandat, il détaille pour la MNH ses priorités pour l’année à venir. Interview. 

 

nicolas lunel

 

MNH :Vous succédez à Morgane Gode-Henric. La réforme des études de santé fera partie de vos axes de travail ? 

 

Nicolas Lunel : En effet, notre association entend accompagner les facultés et les élus pour que cette réforme se mette en place le mieux possible au niveau local. Pour rappel, cette réforme met fin au Paces et propose désormais deux voies d’entrée pour les études de santé : 

 • la voie Pass (Parcours spécifique accès santé), avec deux matières principales réparties entre une majeure santé et une mineure (ou seconde matière principale, par        exemple, mathématiques) 

la voie L.AS (Licence avec option « accès santé »), où l’étudiant a choisi une mineure santé et une matière majeure dans un autre domaine. 

La nouveauté consiste à mettre en place un numerus apertus, plus en lien avec les besoins du territoire. Par ailleurs, les étudiants qui n’ont pas validé leur première année en santé peuvent bénéficier de rattrapages, passer en L2 dans leur mineure et retenter le passage en 2e année de santé, vers l’une des cinq filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kiné). 
Nous nous félicitons également de la réforme du second cycle étudiant de médecine (l’externat, de la 4e à la 6e année) car on passe désormais d’un paradigme de la connaissance à une prise en compte du parcours et des compétences de l’étudiant, avec un examen pratique notamment. 

 

MNH : De quelle manière comptez-vous agir au niveau de la formation ? 

 

NL : Cette année, l’Anemf mettra l’accent sur l’accompagnement des tutorats, entre la 1re et la 2e année et entre la 4e et la 6e année. Notre objectif est d’intensifier cette aide – bénévole NDLR – apportée aux étudiants par les étudiants, que ce soit au niveau des cours, de la mise en place d’examens blancs ou de la désignation de tuteurs attitrés. L’idée étant d’œuvrer pour la réussite de tous. 

 

MNH : Votre association prône des innovations sanitaires et sociales. Pouvez-vous les préciser ?

 

NL : En partenariat avec les associations locales, nous souhaitons mettre en place des actions de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles et mieux accompagner les victimes. Nous alerterons nos interlocuteurs nationaux – ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, Conférence des doyens de médecine – sur cette problématique et les inviterons à agir. 

 

MNH : La santé mentale des étudiants en médecine est en berne. Comment y remédier ?

 

NL : Oui, les étudiants en médecine sont stressés, dorment mal, enchaînent les gardes… La crise de la Covid-19 a largement aggravé cet état de fait. Nous envisageons la mise en place d’une structure de coordination au niveau national et d’actions au niveau local. Au cours de notre mandat, nous publierons, en partenariat avec l’ISNI (Intersyndicale nationale des internes) et l’ISNAR-IMG (Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale), une nouvelle enquête sur la santé mentale des étudiants. Nous pourrons ainsi mesurer l’évolution de leurs conditions de travail. 

 

MNH : Votre mandat se déroulera en période électorale, avec les élections présidentielle et législatives en 2022…

 

N L : Notre rôle est de faire entendre la parole et les besoins des futurs médecins. Pour cela, nous porterons nos positions sur l’accès aux soins, sur la réduction des déserts médicaux, sur le libéral… Il faut accorder davantage de moyens à la formation, comme, par exemple, créer des internats dans les centres hospitaliers pour faciliter l’accueil des stagiaires. 

 


Propos recueillis par Coraline Bertrand

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