Escrimeuse plusieurs fois titrée en compétitions nationales en catégorie handisport, Brigitte Watremetz aurait dû participer aux Championnats de France à Albi en octobre dernier. La crise sanitaire et les annulations de compétitions en ont décidé autrement. Mais ces événements n’ont pas eu raison de sa volonté de combattre sa maladie et de poursuivre ses phrases d’armes sur la piste.

 

Comment vous êtes-vous adaptée aux conditions imposées par la crise sanitaire ?


Brigitte Watremetz : Depuis mars, toutes les compéti­tions ont été annulées et je n’ai quasiment pas pu m’en­traîner. Ces compétitions auraient dû me permettre de me classer à l’échelle nationale et internationale. Aujourd’hui, aucun sportif n'a pu suivre son programme, et les clas­sements sont figés. Mais j’ai eu la chance de participer au stage du Groupe Espoir/ Relève à Troyes fin juillet et j’en suis très heureuse !

 

"J'avais perdu toute ma force physique. Mais j’y suis parvenue, à force d’entraînements !"

 

Comment avez-vous découvert l’escrime ?


B. W. : J’ai appris que j’étais atteinte d’une forme foudroyante de sclérose en plaques en 2002. J’avais alors 34 ans, et trois enfants en bas âge. J’ai perdu la vue, l’odorat et l’usage de mes jambes, et je me suis retrouvée sans emploi. Puis, grâce à mes traitements successifs, j’ai pu retrouver une grande partie de mes capacités. En 2011, après dix ans de traitement, je venais tout juste de terminer un traite­ment par chimiothérapie de trois ans.
Ce traitement était la dernière option thérapeutique possible. C’est alors que j’ai assisté à une démonstration d’escrime en handisport pour le Téléthon, animée par Alain Febvre, aujourd’hui directeur sportif de la Fédération française d’escrime handisport. Il était à l’époque président du club de Joinville-en-Vallage, mon club de résidence. Je me suis inscrite dans un seul but : pratiquer un sport en fauteuil ! Au début, j’arrivais à peine à tenir l’épée, j'avais perdu toute ma force physique. Mais j’y suis parvenue, à force d’entraînements !

 

Quels sont vos projets ?


B. W. : Je me suis blessée en juillet, mais je vise un podium aux prochains Championnats de France en individuel. Je me forme aussi à l’arbitrage : je suis arbitre handisport régional à l’épée, et je souhaite valider le fleuret et le sabre. J’espère avoir un rôle à jouer aux JO de 2024 à Paris, mais je ne sais pas encore sous quelle forme : athlète, partenaire d’entraînement, arbitre, bénévole… Tout dépendra de l’évolution de ma maladie.

 

"L’escrime s'est révélée mon meilleur traitement et m’a maintenue debout aux sens propre et figuré. "

 

Qu’est-ce que ce sport vous a apporté ?


B. W. : De l’endurance, de la concentration, et de la discipline. L’escrime s'est révélée mon meilleur traitement et m’a maintenue debout aux sens propre et figuré. En 2018, j’ai intégré le Collectif France, et j’ai participé à la Coupe du monde en Italie : une grande fierté ! J’ai aussi beaucoup voyagé pour les compétitions, notamment grâce au soutien de la MNH, en Angleterre, en Martinique, et partout en France !

 

Propos recueillis par Nadège Audegond

 

8 femmes seulement : Brigitte Watremetz fait partie du cercle très fermé du Collectif France handisport.

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