Environnement de travail très hiérarchisé, l’hôpital voit ses instances dirigeantes encore assez peu féminisées. Afin de lutter contre les discriminations et favoriser la mixité entre femmes et hommes aux postes à responsabilité, l’association Donner des Elles à la santé a mis en place une série d’ateliers et rédigé une charte recensant les bonnes pratiques.

Tout a commencé par un sondage courant 2020. L’association Donner des Elles à la santé a interrogé près de 500 médecins de l’hôpital public sur la place des femmes dans les instances dirigeantes et aux postes de professeur.
« Il est ressorti que les femmes sont débordées par la charge qui leur incombe et que, bien qu’elles soient prêtes à s’investir davantage dans leur travail, elles sont freinées par des impératifs familiaux importants, de l’autocensure et un contexte sociétal qui fait qu’elles se sentent moins sollicitées pour des postes à responsabilité », détaille le Dr Géraldine Pignot, présidente de l’association et chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille. Ce sondage montrait également que les hommes « constatent à 82 % des discriminations envers les femmes ». Toutefois, cette prise de conscience n’aboutit pas nécessairement à des actions concrètes. Afin de les favoriser et d’inciter les établissements à agir, l’association a donc élaboré une charte détaillant les bonnes pratiques et distillant une série de conseils, en s’inspirant de ce qui avait déjà été fait au CHU de Béziers. Son directeur général, Philippe Banyols, est le vice-président de Donner des Elles à la santé.

Des objectifs chiffrés et des actions concrètes
« Nous avons été contactés par la Conférence nationale des directeurs de CHU en avril dernier afin de diffuser cette charte et accompagner les établissements volontaires », poursuit Géraldine Pignot. Un partenariat a ensuite été formalisé début juillet afin de cadrer concrètement les actions : « Définir des indicateurs (rémunération, niveau de responsabilité, formation…) ; mettre en place des binômes femme / homme pour lutter contre les discriminations et libérer la parole (ligne téléphonique, mail direct, rencontres), etc. »
Selon la présidente, le CHU de Tours et le CHR Metz sont « un peu en avance sur la question car ils avaient déjà mis en place un comité afin de veiller à la bonne sollicitation des femmes pour des postes à responsabilité, en définissant des objectifs chiffrés ».
Parmi les actions concrètes à mettre en œuvre, Donner des Elles à la santé évoque l’idée d’une ligne téléphonique dédiée au harcèlement sexuel, avec une sensibilisation dès l’université au travers d’un partenariat avec la Conférence des doyens d’université. L’association propose également des ateliers gratuits, sous format vidéo et accessibles à tous, sur la mise en place de la démarche égalité, la lutte contre l’autocensure, le développement des réseaux de femmes, une sensibilisation aux discriminations…
Si, aujourd’hui, « 52 % des médecins sont des femmes, nous recherchons à travers notre action la mixité plus que la parité. Il s’agit de varier les profils, faire évoluer l’hôpital vers plus de qualité au travail et une meilleure prise en charge des patients », conclut le Dr Pignot.

Coraline Bertrand

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