Comment les soignants et les Français perçoivent le système de santé ? Telle est la question au cœur de la deuxième édition de l’Observatoire MNH* dont les résultats ont été révélés début novembre sur Santexpo. Une opportunité unique de dresser un état des lieux de la situation de l’hôpital public et son avenir, la santé des soignants et l’attractivité des métiers hospitaliers.

Une inquiétude encore présente
Premier constat : l’Observatoire révèle que les inquiétudes à l’égard de la santé des Français et des professionnels de santé restent élevées, même si leur niveau recule par rapport à 2020. Mais celles concernant l’avenir de l’hôpital public ne faiblissent pas. Le bilan du Ségur est mieux évalué qu’en 2020, avec 16 à 31% des professionnels de santé (hors retraités) qui le considèrent comme une réussite. Les hausses de salaire obtenues sont, quant à elles, globalement jugées insuffisantes pour faire face aux conditions d'exercice particulièrement difficiles – tant physiquement que psychologiquement – que rapportent les professionnels de santé

Un quotidien jugé difficile
Une écrasante majorité des soignants déclare ainsi avoir déjà fait l’expérience d’au moins une forme d’incivilité ou de violence, en tant que témoin ou victime. Cette situation concerne notamment 91% des actifs hospitaliers, 98% des médecins, et 89% des étudiants.
Le burn-out se place, par ailleurs, en tête des préoccupations des professionnels hospitaliers, et ce, dans des proportions bien plus importantes que chez les Français. Par exemple, 64% des actifs hospitaliers le craignent, contre 29% du reste de la population.

Un nécessaire accompagnement
Ces tensions psychologiques ont des conséquences concrètes et tangibles sur le travail des professionnels hospitaliers, et sur leur besoin d’accompagnement. Ainsi, les actifs hospitaliers ont été arrêtés en moyenne 26,8 jours au cours des 12 derniers mois, soit 16 jours de plus que l’ensemble des Français en poste. Particulièrement impactés par les difficultés quotidiennes, 95% des actifs hospitaliers affirment avoir besoin d’aide. 83% d'entre eux demandent une meilleure écoute, 64% des actions de prévention sur les TMS, 56% sur les troubles du sommeil et 50% une aide psychologique.

Le sentiment d’utilité persiste
Il est important de souligner que, malgré le contexte plus que difficile d’exercice de leurs métiers, ces derniers continuent à susciter attrait et admiration auprès du grand public. Neuf hospitaliers sur dix ont le sentiment de faire un travail utile et le trouvent intéressant. Et la notion de vocation demeure majoritaire au sein de la profession.
Mené par la MNH, cet Observatoire apporte un éclairage indispensable sur les besoins des soignants, et orientera les choix de la mutuelle dans les prochains mois. Pour que les besoins et les signaux clairs exprimés par les professionnels ne restent pas sans réponse.

* Étude réalisée courant octobre auprès de 4 000 professionnels de la santé et 1 000 Français.

Nadège Audegond

Les résultats de l'observatoire MNH 2021 : cliquez ici

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