Depuis plus d’un an, les écrans ont submergé la vie des télétravailleurs. Pour tous les autres, dont les soignants, les smartphones ont brouillé la limite entre usage « pro » et « perso ». Voici des pistes pour décrocher.

Exposés depuis des mois à un stress important, les soignants sont particulièrement à risque de surconsommation de substances (alcool, tabac, anxiolytiques…) et... d’écrans. Emma, infirmière anesthésiste dans une clinique à Bayonne, s’étonne que certaines infirmières consultent leur smartphone en salle d’opération au moindre temps mort. Elle-même reconnaît l’utiliser 2 à 3 heures par jour pour consulter les réseaux sociaux, ses mails, ou encore ses comptes, même si elle se l’interdit le matin. Pour les soignants qui travaillent de nuit, la tentation est forte. « En salle de repos, BFM tourne en boucle et la plupart de mes jeunes collègues suivent des séries sur leur portable », remarque Sandrine, infirmière à Saint-Nazaire. Captivés par nos écrans, nous ne voyons pas le temps passer…
Lorsqu’on croit regarder son smartphone 50 fois par jour, en réalité c’est 4 fois plus !

1 Français sur 3 s’estime totalement dépendant de ses outils connectés1

Quand l’entourage tire la sonnette d’alarme
Au-delà de 3 heures par jour d’un même usage (réseaux sociaux, jeux ou achats en ligne…), cela pose problème. À plus de 5 heures, tout le temps libre y passe ! « Ce qui doit alerter, c’est la perte de contrôle, prévient Jean-Pierre Couteron, psychothérapeute dans un CSAPA (Centre de soins de prévention et d’accompagnement en addictologie) à Boulogne-Billancourt et porte-parole de la Fédération addiction. Souvent, ce sont le conjoint ou les parents qui viennent me consulter pour un proche, qui accepte cette aide car l’usage des écrans entraîne disputes, problèmes d’argent ou de   santé. Le numérique active dans le cerveau le circuit de la récompense (cf. les “likes” sur les réseaux sociaux). Et pour les ados, la surconsommation d’écrans est aussi une manière de transgresser l’interdit ou un refuge face à un environnement
angoissant ».

64 % des Français ne peuvent se passer d’outils connectés plus d’une journée 1

Des ateliers “digital detox”
« Baisse de concentration et d’efficacité d’au moins 30 %, hyperexcitation permanente, augmentation du stress, manque de sommeil, dérèglement de nos biorythmes… Mais aussi surpoids, diabète, cancers liés à la sédentarité… La surconsommation numérique menace tout notre équilibre », souligne Thierry le Fur. Cet expert en comportements numériques propose donc des ateliers “digital detox”, qui durent entre 2 heures et 2 jours selon les publics. Les participants découvrent d’abord où ils en sont, grâce aux “timetracker” (compteurs de temps) et à des autotests, puis apprennent à discerner les usages bénéfiques/toxiques. Enfin, chacun s’engage à démarrer des actions concrètes pour réduire l’emprise du numérique. Par exemple se fixer des créneaux sans écran, privilégier des activités apaisantes (méditer, jardiner, écouter une musique zen…) et stimulantes (marcher, jouer, faire du sport…). Chacun repart ainsi avec au moins trois objectifs motivants à mettre en oeuvre dès le lendemain !

Isabelle Gonse

Smartphone : 6 astuces pour déconnecter

SON : Désactiver les notifications (sonneries, vibrations, alertes…)
ÉCRAN : Le passer en nuances de gris, moins addictif que la couleur
AU VOLANT : Ne jamais le consulter en conduisant
TRAVAIL : Se concentrer 30 minutes sur une tâche sans consulter son portable
REPAS : Résister à l’envie de le poser sur la table et de le consulter
SOMMEIL : Le bannir de la chambre et utiliser un réveil classique

 

Où trouver de l’aide ?

Fédération addiction :
https://www.federationaddiction.fr

SOS addictions :
https://sos-addictions.org/
Tél. : 06 01 43 31 94

Pour trouver un médecin addictologue ou un groupe d’entraide :
https://www.addictaide.fr/annuaire/

■ Ateliers digital detox :
https://www.thierrylefur.com/


1 1er baromètre de la Fondation April-BVA auprès de 1 033 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, juin 2018.

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