Les études montrent qu’un étudiant en sciences infirmières déçu par son stage est un étudiant qui ne revient pas dans le service une fois son diplôme passé ou qui quitte sa formation. Quelles pistes pour remédier à ces situations ? Le regard de Laurence Laignel, coordinatrice générale des soins du CHU d’Angers, et de Manon Morel, toute nouvelle présidente de la Fédération nationale des étudiant(e)s en sciences infirmières (FNESI).

Quels sont les points indispensables à une meilleure « expérience de stage » ?
Laurence Laignel : Principalement l’accueil et le tutorat. L’accueil peut influencer l’ensemble d’un stage. Au CHU d’Angers, nous préparons ainsi une démarche afin que les services formalisent leur process de bienvenue. Et qui dit accueil, dit forcément un tutorat de qualité. Or, le tutorat, ce n’est pas inné. Cela s’apprend. En Belgique ou dans les pays anglo-saxons par exemple, des professionnels sont dédiés à cette fonction. Nous montons d’ailleurs un dossier pour 2023 afin d’obtenir auprès de l’Agence régionale de santé et du Conseil régional le financement d’une équipe de tuteurs pour le GHT. Cela permettra d’aider les étudiants, mais aussi de les accompagner vers des options différentes comme les soins gériatriques ou les soins critiques dont ils ont souvent une image erronée.

Manon Morel : L’accueil et le tutorat sont en effet centraux ! Les étudiants ont besoin de savoir qu’ils sont attendus avec bienveillance, qu’ils ont des droits. Leur accompagnement doit être professionnalisé. Ceci évitera peut-être que 12 % des étudiants ne finissent pas leur formation.

Avez-vous déjà avancé sur certains sujets ?
M. M. : Nous travaillons à la création d'une plateforme nationale d’évaluation des stages, gérée par le ministère de la Santé. Cette idée n’est pas nouvelle, mais nous avons rencontré le ministre de la Santé en août et il est d’accord avec le concept. Un autre rendez-vous est déjà prévu. Les services doivent également bien être conscients des devoirs qu’ils ont vis-à-vis des étudiants afin qu’ils ne se sentent pas dévalorisés… Des efforts sont aussi attendus au niveau des instituts de formation, notamment via une utilisation beaucoup plus importante des mannequins de simulation qui devraient être manipulés régulièrement par tous les étudiants, ce qui n’est pas du tout le cas. Nous discutons avec le Comité d’entente des écoles d’infirmières (Cefiec) et l’Association nationale des directeurs d'écoles paramédicales (ANdEP) ; les choses avancent sur ces points. Les professionnels sur les terrains de stage ont été étudiants un jour, ils doivent juste s’en souvenir.

L. L. : L’évaluation des stages est très importante. Or, nous n’avons que peu ou pas de retour. Au sein de notre GHT, des collègues travaillent à une fiche de retour de stage, informatisée, qui nous permettra de savoir ce qui se passe vraiment. Nous avons déjà des rencontres trimestrielles avec les représentants des étudiants et des encadrants, mais cela n’est pas suffisant. De nombreux terrains de stage ont de bons résultats, cela est donc possible !


#NousSoigneronsDemain
Début 2022, la FNESI a réalisé une étude sur le bien-être des étudiants en sciences infirmières, comme elle l’avait déjà fait en 2020, en pleine période Covid. Les résultats sont à retrouver sur son site Internet.


Sophie Caux-Lourié

 

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