Aux urgences du CHU de Rennes, un outil mis au point par un psychologue de l’Adapei 35 fluidifie la communication entre les professionnels et les patients qui présentent un handicap psychique ou mental.

Depuis quelques semaines, les soignants du service des urgences du CHU de Rennes ont à leur disposition un outil précieux : le « Chariot à dire ». Dans ses tiroirs sont rangés une boîte de pictogrammes destinés à la communication non verbale, des objets sensoriels (balles à picots, couverture lestée, coussin vibrant, casques anti-bruit, etc.), une tablette numérique, une boîte « d’habituation aux soins » qui contient le matériel usuel (stéthoscope, otoscope, tensiomètre, etc.) et son pendant « soins spécifiques », ainsi qu’un document donnant des repères conceptuels autour de la (dys-)communication.

Le but ? Faciliter la prise en charge de patients en situation de handicap mental ou psychique, pour qui le passage aux urgences peut représenter un tel défi que les parcours de soins sont parfois rompus. Le « Chariot à dire » a été conçu par Arthur Guillieux, psychologue au sein de l’association Adapei 35. « Le CHU nous a sollicités pour travailler ensemble à l’amélioration de la communication entre les personnels et les patients porteurs de handicap. C’est grâce à la motivation de l’équipe soignante que cet outil a pu trouver son utilité dans le contexte des soins », remarque-t-il.

Salle d’attente adaptée
Pour élaborer ce chariot et son contenu, Arthur Guillieux s’est appuyé sur ce que les patients utilisent déjà dans leur quotidien, afin de fluidifier la transition entre leur lieu de vie et l’hôpital. « Mais ce n’est pas un outil de traduction magique, avertit-il. Il ne suffit pas de donner une boîte de pictogrammes à une personne pour établir une communication efficace. » Tous les professionnels ont donc suivi une formation de deux jours. « Nous sensibilisons les soignants à la nécessité de rassurer ces patients et de les aider à donner du sens aux différents examens et gestes. La formation insiste aussi sur l’attitude à adopter: il faut avoir l’humilité de ne pas vouloir comprendre trop vite ce que le patient veut exprimer », explique le psychologue clinicien.
Le Chariot à dire s’inscrit dans un effort plus large : les patients concernés peuvent bénéficier d’une salle d’attente adaptée et sont prioritaires sur les autres afin de limiter les situations de stress. « Les premiers retours des soignants sont très enthousiastes », se réjouit Arthur Guillieux.

LG

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