Perception des Français et des professionnels de santé sur l’hôpital, le système de santé et l’attractivité des métiers de la santé.

Dévoilé pendant SANTEXPO et publié dans le Figaro Santé, ce Baromètre Santé 360° de la Mutuelle Nationale des Hospitaliers est réalisé par ODOXA, en partenariat avec la Chaire santé de Sciences Po.

Il montre à quel point les professionnels de santé sont appréciés par les Français. Pourtant, ils sont aujourd’hui insatisfaits de leurs conditions de travail et ne se sentent pas assez reconnus.

Les enseignements-clés de l’étude

Les Français et les professionnels de santé tiennent plus que tout à leur système de santé, mais sont persuadés qu’il va se détériorer. Et cela les inquiète et, même, les met en colère.

  • Les Français ont une image exceptionnelle de leurs soignants (plus de 90 % de bonnes opinions) qu’ils jugent "humains" et "à l’écoute". Leur perception, depuis toujours très positive, s’est encore nettement renforcée depuis la crise sanitaire.
  • Mais les Français (66%), et plus encore les soignants (93%), sont persuadés que notre système de santé va se dégrader à l’avenir.
  • De fait, les Français sont de plus en plus nombreux à exprimer des difficultés à payer leur reste à charge (49%) ou même à accéder aux soins. Un tiers d’entre eux rencontre aujourd’hui des difficultés pour aller à l’hôpital, soit une multiplication par 3 en 6 ans (ils étaient 10 % en 2016) !
  • Or, les Français comme les professionnels de santé pensent que les politiques n’ont pas bien perçu cette importance capitale de la question de la santé et espèrent qu’Emmanuel Macron fera de la santé et de l’hôpital l’un des domaines prioritaires de son action.

Le panorama effectué sur le quotidien des soignants est préoccupant

Certes, les professionnels de santé ont la vocation :

  • ils adorent leur métier bien plus que les autres Français (63 % soit le double des autres actifs), envisagent moins qu’eux d’en changer, car ils ont tous le sentiment d’effectuer un travail "utile" (95 %) et "intéressant" (93 %).

Pourtant, la désillusion s’est profondément installée.

C’est le manque de reconnaissance et l’insatisfaction dans des domaines bien précis, doublée de difficultés parfois majeures rencontrées au quotidien qui expliquent ce qui suit : les professionnels de santé sont bien moins heureux au travail que les autres actifs !

  • 27 % seulement des professionnels de santé estiment que leur travail est reconnu à sa juste valeur (contre 46 % des Français en général) et 91 % que leurs métiers sont moins reconnus/considérés qu’auparavant,
  • 27% seulement des professionnels de santé estiment que leurs perspectives d’évolution sont motivantes (contre 44 % des Français en général),
  • 68% des actifs hospitaliers ont envisagé de changer de métier au cours des deux dernières années (même s’ils sont moins nombreux à envisager de changer de métier que le reste des Français dans les cinq prochaines années).

Les facteurs d’insatisfaction au travail des personnels soignants sont identifiés et donc solutionnables :

  • Les professionnels de santé sont finalement moins satisfaits au travail que les autres actifs : seulement 49 % sont satisfaits alors que 70 % des actifs le sont. L’insatisfaction concerne même 60 % des infirmiers et des aides-soignants.
  • Et sur les 7 dimensions clés de la satisfaction au travail, testées dans les enquêtes de climat social, en moyenne, 54 % se disent mécontents, alors que 63 % des actifs se disent satisfaits.
  • Les trois-quarts des professionnels de santé (soit le double des autres actifs) sont notamment mécontents de la prise en compte des risques professionnels, qu’ils soient physiques (73 % de mécontents) ou psychosociaux (76 %).
  • Une majorité d’entre eux estime ne pas "avoir un bon équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle" : 49 % sont satisfaits vs 72 % des actifs Français, soit 23 points de plus
  • Les deux-tiers des professionnels de santé (67 %) estiment ne pas "avoir suffisamment de temps pour accomplir leur travail", soit une proportion inverse à celle observée dans la moyenne nationale (68 % des actifs disposent de ce temps).
  • Et une majorité de professionnels de santé (52 % vs 48 %) assurent que leur travail  "leur génère un niveau de stress inacceptable", alors que les deux-tiers des actifs en France (66 %) disent l’inverse.
  • Il faut dire que les professionnels de santé subissent bien plus que les autres actifs, insultes, menaces, incivilités et même agressions physiques dans le cadre de leur travail. 55 % des infirmiers et aides-soignants ont déjà subi au moins une agression et, tous ou presque, sont confrontés au quotidien aux insultes et aux menaces.
  • Résultat, 81 % des Français et 92 % des professionnels de santé pensent que les métiers de la santé sont "plus difficiles que les autres" et surtout qu’ils sont moins attractifs qu’auparavant (81 % des Français et 95 % des professionnels de santé le pensent).
  • De fait, une majorité de Français et surtout l’écrasante majorité des professionnels de santé ne conseilleraient pas à leur enfant d’exercer une profession de santé, surtout à l’hôpital. Ainsi, plus de 8 professionnels de santé sur 10 ne leur conseilleraient pas de devenir infirmier (80 %) ou aide-soignant (82 %) à l’hôpital…

 

Il y a urgence à donner un nouvel élan à l’attractivité des métiers hospitaliers

Il faut continuer à faire battre le cœur de ce service public essentiel pour nos concitoyens, ouvert 24h/24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. La communauté hospitalière nous semble être en quête de nouvelles espérances et de reconnaissance.

En effet, notre enquête ne se contente pas de tirer une sonnette d’alarme sur les difficultés, elle montre aussi la voie sur les solutions attendues par les professionnels de santé pour améliorer leur situation quotidienne :

  • Le salaire est, évidemment un sujet majeur, mais il est loin d’être le seul et il est finalement moins prioritairement cité par les professionnels de santé (70 % vs 80 % le mettent dans leur « top-3 ») que par les autres actifs. Les préoccupations réellement singulières des professionnels de santé concernent en fait :
    • "L’équilibre vie professionnelle-vie personnelle" : c’est leur 2e priorité, à seulement 13 points du salaire,
    • Le "sens du travail proposé" qui arrive en 4e position des critères qu’ils citent le plus : 43 % le place en 1re, 2e ou 3e position, soit 6 points de plus que les autres actifs,
    • Et enfin "les conditions de travail proposées" (locaux, matériels à disposition...). C’est la 3e priorité la plus citée par les professionnels de santé : 52 % la citent dans leur « top-3 », soit 11 points de plus que les autres actifs.

 

Retrouvez la méthodologie et l’ensemble des résultats de l’étude ici

 

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