Le CHU de Bordeaux regroupe trois sites hospitaliers. En moyenne, 248 interventions chirurgicales y sont pratiquées chaque jour. Nombreux sont les scalpels et autres bistouris qui transitent par le service de stérilisation.

Et grandes sont les exigences en matière d’hygiène afin de prévenir toute infection nosocomiale ! Au sous-sol de l’hôpital Pellegrin, le service de stérilisation réunit une cinquantaine de personnes qui travaillent 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 pour nettoyer et stériliser tous les dispositifs médicaux réutilisables appelés DM dans le jargon du métier ; une véritable ruche où les abeilles fournissent un travail de titan.

« Nous traitons en moyenne l’équivalent de 25 m3 d’instruments chaque jour »

précise Béatrice Durand-Delacre, cadre de santé du service stérilisation au CHU de Bordeaux.

LE PARCOURS DU BISTOURI

De la table d’opération au service de stérilisation, le chemin parcouru par un bistouri est réglé comme une horloge.

« Nous, on travaille avec le système de la marche en avant », explique Monique Dupont, aide-soignante au service stérilisation.

Dans un premier temps on reçoit les instruments sales mais préalablement désinfectés au sein même des blocs. Nous les trions, les lavons puis ils passent dans la zone de conditionnement avant d’être envoyés dans les autoclaves (les stérilisateurs). Les instruments ressortent stériles et sont ensuite dispatchés vers les blocs et services ».

C’est ce rituel strict qui rythme les journées des agents du service de stérilisation. Parmi eux, il y a Christiane Birac qui travaille là depuis 1978. En 36 ans, elle a vu les conditions d’hygiène évoluer.

 « Initialement les plateaux des blocs étaient préparés par nos soins et on nettoyait même les gants qui étaient réutilisés. Aujourd’hui, tout cela est à usage unique. »

« Avant, les blocs stérilisaient eux-mêmes leurs dispositifs médicaux réutilisables. Depuis que la stérilisation est centralisée, la traçabilité est plus précise. En cas de souci, on est désormais capable de démontrer que tout s’est bien déroulé à chaque étape : qui a pratiqué le conditionnement ou encore quel autoclave a été utilisé. »

UN MÉTIER TRÈS PHYSIQUE

Rigueur et vigilance, telles sont deux des qualités exigées pour pratiquer ce métier. Mais la force physique fait également partie des compétences requises : « Certains containers pèsent près de 20 kilos, comme ceux des blocs d’orthopédie. Et on en porte énormément tous les jours, raconte Monique. Nous poussons et tirons des chariots qui peuvent porter des dizaines de containers. C’est un métier très physique. »

Les oreilles des agents sont également mises à l’épreuve.

« Dans la zone de conditionnement, le bruit peut être intense quand tout le monde manipule les instruments. Et si en plus les autoclaves tournent en même temps ! C’est le week-end, quand on est seul, qu’on se rend compte par comparaison que le travail en semaine est effectué dans un bruit constant ! »

Mais outre les difficultés rencontrées quotidiennement, Monique comme Christiane savent apprécier leur fonction et en sont fières :

« Ici, pas de routine.Toutes les semaines, grâce à la polyvalence, notre zone de travail change. Quant au malade hospitalisé, on ne le voit pas mais on sait qu’on travaille pour lui. Notre responsabilité est énorme.»

POUR DEVENIR AGENT DE STÉRILISATION

il faut obtenir un diplôme de niveau CAP ou bac pro avec des options “maintenance et entretien des locaux” ou à “caractère sanitaire et social”. Depuis la rentrée 2013 il existe le bac pro “hygiène-propreté- stérilisation” qui permet d’exercer cette profession.

Les aides-soignants ont également la possibilité de devenir agent de stérilisation suite à une formation en interne comme la propose le CHU de Bordeaux.

« Ici la fonction de cadre de santé n’est pas la même que dans un service de soins, précise Béatrice Durand-Delacre. Les compétences très strictes à acquérir sont différentes. Nous formons en dix semaines les aides-soignants qui veulent nous rejoindre.Ils passent ensuite trois semaines dans chaque zone pour bien en connaître le fonctionnement. »

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