Évaluer GIR et Pathos des résidents, faire respecter les protocoles et les bonnes pratiques gériatriques pour le bien-être des résidents et le confort des soignants, former les équipes… Le rôle du médecin coordonnateur en Ehpad est central.

Stephan Meyer est gériatre, médecin coordonnateur de trois établissements en Haute-Vienne et vice-président de l'Association nationale des médecins coordonnateurs du secteur médico-social (MCoor) ; il répond à nos questions

Comment la crise a-t-elle fait évoluer votre métier ?
Stephan Meyer : La crise a démontré plusieurs évidences : l’expertise gériatrique de proximité du médecin coordonnateur permet une prise des soins optimisée des résidents des Ehpad ; les médecins coordonnateurs et les médecins traitants sont complémentaires ; les Ehpad ne bénéficiant pas de la présence d’un médecin coordonnateur (soit 25 à 30 %) sont en difficulté. Son rôle est important dans le dépistage des risques de rupture d’autonomie afin de limiter les passages aux urgences, et dans ses capacités d’accepter un public croissant, celui des personnes handicapées vieillissantes.

Vous n’êtes pas médecin prescripteur sauf en cas d’urgence. Est-ce une revendication ? 
S. M. : Nous avons assez de travail pour bien accomplir nos missions et si nous le devenions, il faudrait que ça le soit sur un temps de présence complémentaire. L’un de nos rôles fondamentaux, outre celui de concevoir un projet d’accueil personnalisé pour chaque résident, est de travailler sur les projets d’accompagnement de fin de vie. Nos résidents décèdent la plupart du temps dans nos établissements et nous devons avoir des critères précis de soins et, pour cela, des évaluations et des tutoriels pour que les personnes puissent mourir dignement, sans douleurs morales ni physiques. À cet égard, la complémentarité de l’infirmière coordinatrice, métier existant mais pas assez répandu en Ehpad, est essentielle.

Comment accompagner les équipes ?
S. M. : Je pense à une unité fermée, dans l’un de mes établissements, où personne ne voulait venir travailler auprès des déments qui crient, tapent etc. Aujourd’hui, grâce à l’implication de l’Idec (infirmier coordinateur) et du médecin coordonnateur, aux formations dispensées (notamment sur la communication non verbale avec les personnes démentes), les soignants s’y sentent bien, dispensent une prise en charge adaptée : grâce à une connaissance des antécédents pathologiques et de la fragilité de la personne pour ne pas mettre en échec le résident et anticiper les difficultés de perte de l’autonomie. La formation du personnel est le maître mot pour valoriser nos métiers : on ne vient pas chez nous par défaut mais parce que l’on est expert. J’assure constamment des formations flash, de 20 minutes, sur des détails de prise en charge : nous sommes payés de retour puisque nous en mesurons les effets sur le terrain.

Stephan Meyer

Stephan Meyer 

Suzanne Nemo
 

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