Les délégués de la MNH ont débattu
les 25 et 26 juin à Aix-les-Bains
sur les nouveaux repères mutualistes face aux enjeux de la protection sociale
La Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social a tenu son assemblée générale les 25 et 26 juin derniers au Centre des congrès d’Aix-les-Bains (73).
Aimé Chenal, président du Comité d’organisation et président départemental de la Savoie, a accueilli les 412 délégués de la MNH puis, Gérard Vuidepot, président de la MNH a ouvert cette 49e Assemblée générale
« Nous tenons cette année notre assemblée générale dans un contexte politique chargé et pesant sur l’avenir de notre système de protection sociale. Face au désengagement de l’assurance maladie, « jusqu’à quand allons-nous pouvoir mener une politique de reste à charge la moins élevée possible ? » Le deuxième point concerne celui de nos établissements de santé, avec la promulgation prochaine de la loi HPST. L’hôpital est l’institution la plus réformée avec celle de l’éducation nationale. Le troisième point est celui de notre environnement fédéral : la réforme FNMF modifie fortement toute l’organisation de l’appareil fédéral, notamment ses missions et la représentation des mutuelles. Celle de la MFP n’est pas encore aboutie ; l’enjeu principal est celui du maintien de l’identité de la fonction publique et de ses spécificités. »
Après ces points d’actualité posés, les délégués ont engagé leurs travaux statutaires.
Le deuxième jour a été consacré à une table ronde conduite par Gérard Vuidepot à laquelle participaient les présidents des mutuelles regroupées dans l’union de représentation Unités. Jean-Michel Laxalt, Mutuelle générale de l’éducation nationale, Jean-Pierre Moreau, Mutuelle nationale territoriale, Hubert Borderie, Mutuelle générale de l’équipement et des territoires, Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France, ainsi que Jean-Marie André, professeur d’économie à l’EHESP. Hélène Delmotte, rédactrice en chef adjointe de la Gazette Santé Social animait ces échanges.
Le thème : Quels nouveaux repères mutualistes face aux enjeux de la protection sociale leur a permis d’évoquer les idées suivantes.
Pour J.-M. André, le panier de biens et services qui aujourd’hui évoque le rationnement et demain pourrait tendre vers plus d’efficacité économique et une véritable évaluation des soins a lancé le débat.
Pour G. Vuidepot :
« les objectifs des mutuelles diffèrent de ceux des assurances, les dérives qui se nomment sélection et segmentation, la confusion qui ne peut qu’être néfaste aux mutuelles ». Pour J.-M. Laxalt, « le marché s’est ouvert avec l’arrivée des assureurs il y a une vingtaine d’années, mais le marché et la solidarité ne sont pas conciliables, le marché est mortifère pour la solidarité. »
Pour H. Borderie,
« il faut garder notre identité dans un monde qui bouge. Et apprendre aux jeunes à faire la différence entre les mutuelles et les assurances. »
J.-P. Moreau a défendu
« la reconnaissance du service public et affirmé que celui-ci avait été oublié par l’Europe ».
Il a aussi dénoncé la dérive qui aboutit aujourd’hui à parité entre les mutuelles et les assurances.
Enfin, en tant que grand témoin et hospitalier, Gérard Vincent a insisté sur le fait que
« l’accès aux soins doit être possible pour tous les citoyens tant au niveau géographique que financier avec trois intervenants : l’Etat, les financeurs et les acteurs ».
Enfin, il a rappelé que sans évaluation des actes et de leur pertinence, l’hôpital entreprise de service public ne pourra pas évoluer.
Les délégués de la MNH se sont également réengagés à défendre et promouvoir les valeurs mutualistes et à rester vigilants et acteurs notamment en ce qui concerne la protection sociale et le risque que porte la loi Hôpital patients santé et territoires de limiter l’accès aux soins de qualité partout et pour tous.
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