Pas facile de devenir parent !
Les contraintes de la vie moderne compliquent l’apprentissage du “métier” de parent. Des structures existent pour aider les jeunes pères et mères.
On ne devient pas parent au premier cri du nouveau-né. On le devient par un apprentissage souvent chaotique, de plus en plus difficile dans nos sociétés où la transmission de mère à fille ne se fait plus aussi naturellement qu’autrefois.
« Les familles sont souvent éclatées géographiquement »,
observe Françoise Rosenblatt, responsable d’Allo Parents Bébé, premier centre d’appel national dédié à l’aide à la relation parents-enfants.
« Les grands-parents vivent à des kilomètres, travaillent ou sont peu disponibles. Et les jeunes parents priés de se débrouiller seuls, sans les soutiens traditionnels sur lesquels des générations se sont appuyées.»
La réalité des premières semaines avec un bébé à la maison ne correspond pas toujours à l’idée que le jeune couple s’en faisait. L’apprentissage des gestes de la vie quotidienne avec un nourrisson (avec son lot de fatigue, de manque de sommeil, d’incompréhension et d’inquiétude devant les pleurs du bébé) est parfois vécu comme une expérience traumatisante.
Facteurs aggravants : la recomposition des couples, l’augmentation de la monoparentalité, la multiplication des situations sociales précaires, génèrent des doutes, de l’anxiété, que l’arrivée d’un bébé peut exacerber. D’où l’idée, développée depuis quelques décennies, qu’un accompagnement éducatif à la parentalité peut s’avérer nécessaire.
« En trois ans d’existence, notre centre a enregistré plus de
15 000 appels »,
témoigne Françoise Rosenblatt.
« C’est considérable ! Cela montre combien le besoin d’accompagnement est réel et profond. »
Concilier tous les rôles
Cette évidence est désormais prise en compte par de nombreuses associations, mais aussi par les collectivités territoriales.

Quelles aides attendent les parents ?
« D’abord des conseils basiques sur l’alimentation des bébés, la signification des pleurs, les troubles du sommeil »,
décrypte Françoise Rosenblatt.
« Mais au-delà, nous constatons que les jeunes mères appellent très souvent pour parler d’elles-mêmes ! »
Certaines expriment un mal-être, voire une tristesse profonde qui pourrait évoquer un état dépressif.
« Ces jeunes femmes culpabilisent souvent de ne pas être la mère idéale »,
souligne la responsable d’Allo Parents Bébé.
« Elles se demandent comment elles vont arriver à être à la fois épouse, mère, Wonder-Woman dans leur job et femme d’intérieur à la maison.»
Les pères ?
« Ils sont aussi dépassés que les mères, avec en plus d’énormes difficultés à exprimer leurs angoisses»,
observe Françoise Rosenblatt.
« Certains voudraient bien aider leur compagne mais ne savent pas comment faire. D’autres ne parviennent pas à trouver leur place.»
La plupart des difficultés peuvent se résoudre aisément, ne serait-ce qu’en dédramatisant. Certaines situations, toutefois, peuvent induire une rupture du lien parental et compromettre l’avenir de la cellule familiale.
« Accompagner les parents, c’est le meilleur moyen d’éviter qu’ils perdent le contrôle et que la situation dégénère »,
conclut Françoise Rosenblatt.
« Car c’est souvent ainsi, dans un contexte de fatigue et de tensions, qu’apparaissent des actes de malveillance, voire de maltraitance envers de très jeunes enfants.»
Cédric Portal
SOUFFRIR D’UN HANDICAP MENTAL ET ÊTRE PARENT
L’ Unapei Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis estime à 13 000 le nombre d’enfants nés de parents en état de handicap mental.
Sur un plan légal, le simple fait d’être déficient
mental n’a pas de conséquence automatique sur les droits
parentaux. Les juges apprécient, au cas par cas, si ces parents
sont en mesure d’exercer leurs prérogatives.
S’ils estiment que ce
n’est pas le cas, ils peuvent ordonner, soit une mesure d’assistance éducative, soit un retrait de garde, soit une délégation ou un retrait
partiel de l’autorité parentale.
Les experts insistent sur le fait que,
dans de nombreux cas, il est parfaitement possible d’être déficient
mental et parent. Cela suppose un accompagnement spécifique,
par des proches ou par des structures dédiées, qui peine parfois à être mis en oeuvre… par manque d’information.
Unapei
15 rue Coysevox – 75876 Paris Cedex 18
Tél. 01 44 85 50 50




